mardi 27 juillet 2010

Meije face sud, où l'intelligence d'un Pierre Alain...

... et comment transformer une improvisation en beau voyage.
L'hiver ayant fait un retour express sur le Mont Blanc, le projet "apothéose" pour la fin de vacances doit être revu. Du bon vieil Oisans, voilà ce vers quoi nous nous tournons, presque contraints!



Ce sera vers la voie Pierre Alain, en face sud du Grand Pic.

J'en avais presque oublié son existence, la rangeant dans la catégorie des "voies qu'il faudra faire un jour" (et Dieu sait s'il y en a dans cette catégorie ;o).

Et puis voila nous y sommes, hic et nunc!


C'est donc une belle surprise que de se retrouver là, et de parcourir cette grande face sud presque dans l'esprit de l'ouvreur. Itinéraire historique, itinéraire astucieux, osé pour l'époque, où le meilleur des topos consiste sans doute à suivre son flair en se mettant -modestement- dans la peau de l'ouvreur.

Une belle et grande voie "montagne" comme on les aime. Un rocher presque toujours bon, une escalade facile et grimpante à la fois, un itinéraire à trouver, à penser, sans se fier aveuglément aux nombreuses traces de passage (et de but!) disséminées ça et là dans la face...
Voici donc ce beau cocktail dans lequel nous nous ennivrons. Notre progression est régulière, efficace.

La voie est partagée avec une cordée qui nous suit, ambiance sympathique.








En 7 heures nous sommes au sommet. Pause contemplative, puis la deuxième partie de la voie commence : directin le Doigt de Dieu, avec quelques arêtes a traverser entre lui et nous.







Ca fait bien longtemps que je n'étais pas revenu sur ces arêtes, la traversée est toujours aussi belle! Un peu frisquette ce dimanche vu le vent du nord, mais très belle. L'avantage c'est que lorsuqe l'on sort de la Pierre Alin, les cordée "classiques" sont déja loin devant. On peut donc encaper rapidement les arêtes.


Grande classe, aucun doute là-dessus!
Il faut quand même rester vigilent car la fatigue commence a se faire sentir, mais grand classe quand même!
La suite c'est l'interminable retour dans la vallée depuis l'Aigle, qui casse les genoux et les quadriceps. Pied du col, autostop, La Grave, Grenoble à 23h00...Ouf! bonne journée!
Voila donc une voie que je conseille vivement pour qui aime ces itniéraires historiques. Je suis bluffé par l'intelligence de l'itinéraire et le cran qu'il aura fallu a Pierre Alain, à son époque, pour tracer cette ligne. Respect aux anciens!!!
Pour la logistique : quelques friends (jusqu'au BD#2) coinceurs, sangles et dégaines libres (pitons dans la voie). A noter que le topo sur Camptocamp est vraiment très bien décrit. Détail concernant le rateau de chèvre : celui-ci se trouve juste sous un dièdre raide dans lequel pendent lamentablement des sangles blanches délavées, symboles persistant d'un but malvenu... Oubliez ces sangles tentatrices et traversez vers la droite ce rateau de chèvre, c'est conseillé par Pierre Alain lui même ;o)

1 commentaire:

Guillaume a dit…

Salut,

J'apprécie fortement ton blog avec ces beaux récits de tes sorties et pas mal d'info sur des voies à faire prochainement !
Juste un petit détail : Pierre Allain, il à deux "l" dans son nom ! Bonne grimpe.