samedi 4 février 2017

Les beaux blocs de Joshua Tree

Pendant que la neige tombe à l'horizontale et que mes cuisses se reposent,
me vient l'envie soudaine de reprendre un peu de désert.

Bienvenue à Joshua Tree National Park, connu pour ces célèbres arbres et ses non moins célèbres cailloux.

Accompagnés d'Helen, Colin et Pocket, nous passons quelques jours a déambuler de chaos en chaos.
Ambiance paisible, petits feux de camp le soir, coyotes à l'affût, rattle snakes au repos et niaquettes dans tous les sens, voici les ingrédients de cette visite réussie.
 

 Les journées commencent souvent de cette façon : les tortues se mettent en branle.


 A 2 mn. de marche de Ryan campground -approche exténuante- voilà de quoi s'occuper les bras quelques heures.

 

Ici dans "Chili sauce", un splendide v7 ouvert par Jerry Moffat (tiens donc!) pendant que Tilio prépare la sauce.


On apprend une nouvelle fois que les cotations en bloc ne veulent pas forcément dire grand chose.
Selon le style, on randonnera dans du (moyennement) dur et on aura besoin de 15 tentatives pour sortir un bloc facile.
C'est le jeu, le simple et prenant jeu du bloc.


Puisqu'ici les blocs sont en granite, on trouve quand même quelques fissures où réviser nos classiques ;o)


Alors on répète le jeu à l'envie, jusqu'à ce que les doigts disent stop...


Parfois les doigts disent "encore" mais c'est la tête qui dit stop...
Personne n'osera le crux de sortie de "Satellite left", un pourtant modeste v3 mais à plus de 5m. du sol...


Parfois, peu importe la hauteur et le niveau.
On se régale juste de corn flakes géant pour achever le petit dej.


...Ou l'on se régale de la gestuelle parfaite, celle-là seule qui permet d'aller effleurer ce  micro gratton pourtant infâme que l'on finira quand même par tenir après 10 essais de décryptage...


Et si en plus tout le monde s'amuse, que demander de plus?

mardi 17 janvier 2017

Adieu tristesse

Ce n'est pas souvent qu'ici je parle de choses directement personnelles. 
Je ferai une petite exception ce jour.

Avez-vous jamais rêvé de bousculer votre vie pour en changer, avec l'intime conviction que vous n'étiez pas celui ou celle que vous auriez souhaité être? 
Avez vous vous jamais eu envie de devenir ce que vous êtes? 
Avez-vous jamais rêvé d'être audacieux?

Nous venons de nous jeter dans le bain, voire dans le très grand bain.
Nous sommes sortis de notre zone de confort, de cette zone de confort dans laquelle tant de personnes se complaisent tout en maugréant contre un Tout qui va mal sans pour autant ne rien décider. 
Nous avons décidé de ne pas attendre d'avoir 60 ans pour nous dire, en regardant dans le rétro "Ah, si on avait su...
Notre envie d'ailleurs était plus forte que la situation privilégiée dans laquelle nous aurions pu finir nos jours, heureux aux yeux des autres et au regard des standards de notre société.

Nous ne nous retrouvions plus dans cette frénésie urbaine où la 4G tient lieu de Graal et les grosses cylindrées de passe-droit. 
Nous ne nous retrouvions plus dans ces rythmes subis où s'enchainent les semaines sans qu'on ait eu l'impression de les vivre. 
Nous ne nous retrouvions plus dans ces mondes professionnels où porter des convictions dérange la médiocrité. 
Nous n'en pouvions plus d'être trop bien installés pour nous sentir véritablement chez nous.

Alors il faut savoir se regarder en face et avancer.
C'est peut être grâce à ces années de montagne que nous venons de nous "engager" comme jamais, mais en conscience que nous faisions le bon choix.

Nous avons tout vendu -notre maison, des parts dans une société, mon statut de fonctionnaire territorial- et nous sommes venus nous installer dans ces lieux que nous venions si souvent chercher quand, le vendredi soir venu, nous faisions nos sacs.

Notre hameau compte 10 chalets, un clocher et quelques vaches.
Bienvenue en Beaufortain.


Les Porsches ont laissé place aux Aebi et c'est bien mieux comme ça.
Le ciel est limpide, et les odeurs de nature omniprésentes.
On respire. On vit, connectés à l'essentiel : nous même.

Ce matin je suis parti à skis de la maison et j'y suis revenu, 4 heures plus tard. 
L'image ci-dessous est prise de ma porte d'entrée.
Ensuite nous sommes partis skier à pieds avec les enfants.


Mais alors, tout ça pour ça?
"Mais vous êtes fous?!?" diront les résignés...
 Peut être. 

J'aime cette pensée de Lanza del Vasto :
"L'homme raisonnable est raisonnable et il en reste là. Mais seul est philosophe celui qui tient la solution de sa propre folie"

Alors nous sommes seulement philosophes ce qui, à y regarder de près, est assez fantastique.
Plus fantastique que d'en "rester là".

Bien sûr le choix est lourd, conséquent. 
Aux rares et fidèles qui nous ont compris encouragé, grand merci.

L'avenir? 
Se sentir au bon endroit au bon moment.
Moi qui vient de ma lointaine Bretagne, je comprends d'un coup que ces années grenobloises n'étaient qu'une transition, et qu'en quittant l'Armorique c'est en fait de cette vie de maintenant dont j'avais envie.
Il m'aura fallu 20 ans pour le comprendre.

Le job? (question frénétique qui hante les frileux)
Je vais m'investir sur les deux domaines qui me tiennent à coeur : la photo et la montagne.
Je retente le Proba du Guide dans 2 mois et, cette fois, je sais pourquoi j'y vais.
Les limites d'âge sont surtout dans la tête...


2017 sera donc une année forcément savoureuse et pleine d'inconnue.
C'est ce qui fait le sel de la Vie.

A bientôt, fidèle lecteur, à bientôt pour de nouvelles lignes en attendant que ce blog ne cède la place à quelque chose qui me ressemble d'avantage.

En attendant, je file m'acheter une Rancho

lundi 9 janvier 2017

2017, décrochons la lune

Nous avons tous au moins une lune, cachée, tapie au fond de nous même.
Que 2017 soit l'année où vous décrochiez la votre, votre lune.
Allez-y gaiement, avec joie, envie et conviction.



dimanche 8 janvier 2017

L'hiver à la maison

15 mn de voiture, 5 mn d'approche, et 7 longueurs de casse-bras plus tard, on se dit que c'est vraiment bien de pouvoir jouer à domicile.



Vive le froid

The Buttermilks, ou comment les blocs font aimer le bloc

Parfois le changement doit s'accompagner d'une symbolique forte, et le voyage peut être assimilé à cette symbolique.
C'est ce qui nous a guidé dans l'idée de partir en famille grimper en Californie.
Comme nous aimons bien faire du bloc avec nos enfants (formule éprouvée et labellisée!) il nous restait donc à découvrir quelques lieux mythiques dans la "Planète bloc" et Bishop fait partie de ceux là.


A Bishop, petite citée nichée sur le flanc Est de la Sierra Nevada à une encablure du Yosemite et juste à côté de Mammoth, il y a plein de blocs, une microbrasserie qui fait des bons burgers, et des sources chaudes.


Et parmi les endroits où l'on grimpe, il y a the Buttermilks.


Ici, les blocs de granite ont poussé dans la prairie pourtant aride.


En arrière plan, les hauts sommets de la Sierra Nevada titillent les 4000m.
Le cadre est somptueux, résolument "montagne".


Une piste mène à ce petit paradis, où la fraicheur automnale garantie de belles conditions de grimpe.

 
Tout le monde trouve ici bloc à son pieds, y compris les bouts de chou.
Pour les enfant, le bloc est sans doute encore plus ludique que pour les parents, et surement tout aussi formateur : apprendre l'équilibre, tout simplement.


Pour les parents, c'est la grande classe.
Le granite ici est très particulier, loin de celui de Chamonix, mais il a une saveur exquise.


C'est peut être cela le "bloc de carte postale"


Avec Kim et Helen, nos deux locales habituées des lieux, nous coulons de paisibles journées à nous exciter bêtement sur 3 réglettes et 2 à-plats. 
Bizarrerie absolue du bloc...


La tête à l'envers ou les pieds en bas, nous nous régalons littéralement de ce lieu magique.


Des corn-flakes géant servent de voies de chauffe...


... pour s'employer ensuite sur les classiques du lieux, quasi désertées en semaine.


Un lieu et une escalade 1000 étoiles


Où l'on comprend que certains puissent damner leur âme et leur pratique a résoudre un à un les "problèmes" imposés par ces structures rocheuses démoniaques.

Comment donc ne pas aimer Bishop?
Impossible à mon avis si l'on aime le rocher.
Et puis l'hiver en peux, ça doit être tout aussi magique dans un autre registre ;o)

vendredi 30 décembre 2016

Glace du pauvre à Cogne

On savait bien que ça risquait de ne pas être les conditions du siècle, mais nous sommes quand même allés du côté de Cogne pour aérer nos Nomics et purger notre foie.
Le bilan est bien maigre.
Les belles lignes qui suintaient de partout lors de notre précédent séjour faisaient toutes peine à voir, même si nous avons trouvé de quoi nous occuper.
Pas le moment de planifier 10 jours sur place...


Ne nous montrons pas trop gourmands et prenons ce qu'il y a à prendre


Les lignes formées étant très peu nombreuses, il faut savoir partager.


Tout ceci se faisant dans une étonnante ambiance bon-enfant.
Plutôt sympathique donc.


L'eau qui coule n'est pas loin.
Je me souviens des -13°C au parking lors de notre dernier venue.
Cette fois-ci il fait 3°C.


La déconfiture dans "Tuborg", là même où nous avions grimpé une magnifique draperie au soleil.
Tant pis pour cette année...


Mais bon, le lieu est toujours aussi sympathique et même si ça n'est pas du grand millésime, le contrat est rempli.

lundi 19 décembre 2016

Yeah!

Back from the States.
Le non-ski ne nous a pas trop manqué, merci


vendredi 11 novembre 2016

Trois fois rien


Ladray, 1200m.
Petite visite qui devait simplement être "logistique" et qui se révélera rocambolesque.
Quelques clichés à l'i-phone, une fois n'est pas coutume.


Quand on commence à ne plus voir le haut de la rambarde de la terrasse, c'est qu'il y en a non?


 80cm relevés ce jour à 1200m., pas de doute : on est sur une pure AOC Beaufortain
Et comme dit Lilouenn (4 ans)
"On se lève, on met les skis, et hop"
...
Et hop

jeudi 3 novembre 2016

Dans le Verdon, tout est bon

J'avais dû m'oublier...
Je n'étais plus retourné grimper au Verdon depuis un fantastique dernier séjour
soit il y a plus de 5 ans, alors que cet endroit constitue, avec le Mont Blanc, ce que je connais de mieux en matière de grimpe.

Pourquoi 5 ans d'attente?
Quelques menus changements survenus depuis 2011, et puis du temps qui passe en prétextant que la route est longue pour y aller.
Cet endroit me manquait, je le savais.
Ce que je ne savais pas c'est combien serait grand le plaisir d'y retourner.
La magie du Verdon a de nouveau opéré.


Tout commence par une ambiance.
Du gaz, du calme, du gris et du jaune, des petits matins magiques à l'automne.


Et puis c'est surtout du rocher.
Un rocher unique, un rocher qui bouffe les doigts, prend les tripes, martyrise les pieds et affole le cervelet.


Il faut se lancer pour pouvoir en profiter.


Alors on plonge dans l'écrin du Verdon, et le jeu consiste assez simplement à remonter d'où l'on vient.


Les voies pullulent, et un véritable renouveau est à l'oeuvre depuis une dizaine d'années dans ces gorges qui auraient pu mollement se muséifier avec le temps.
Que nenni ! 
Des locaux -et pas que- continuent ici et là de tracer des voies nouvelles dans des secteurs moins "prestigieux" des gorges mais tout aussi grimpant.


Rocher de rêve, escalade technique, solitude absolue.


3 jours, 3 voies. 
Il faut gérer la durée, surtout pour nos pieds plus trop habitués à devoir pousser le bonhomme jusqu'en haut.


Alors on gère, à notre rythme.
Ne pas trop s'enflammer sous peine de repos forcé le lendemain.


Encore des longueurs d'anthologie, de celles qui font penser que les Dieux de la Terre et les Déesses de l'Erosion ont forcément été grimpeurs un jour.
Ce n'est pas possible autrement.


Alors voilà. 
J'ai mis fin a 5 ans de disette verdonesque, et j'ai mesuré combien il était injustifiable de ne pas y aller grimper plus souvent. 
Qu'Ula daigne me pardonner, je ne le referai plus.


26 belles longueurs effectuées ce séjour avec, par ordre d'apparition :
- Voyage au gré du gris (6c+)  : de très belles longueurs et de moins belles
- Le fils de l'haltère et du pan (6c) : majeurissime
- Zigo Zago (7a) : bellissime

Grand merci à Fred de m'avoir accompagné pour ces retrouvailles, et au pote de Fred (Salut à toi) pour le logement à La Palud.